04.06.2006
Notre Dame de Paris - Victor Hugo

« Après le roman pittoresque, mais prosaïque, de Walter Scott, écrit Hugo, il restera un autre roman à créer, plus beau et plus complet encore selon nous. C'est le roman à la fois drame et épopée, pittoresque mais poétique, réel mais idéal, vrai mais grand, qui enchâssera Walter Scott dans Homère. » Hugo a ainsi voulu enfermer dans une fiction « l'état des moeurs, des croyances, des lois, des arts, de la civilisation enfin au quinzième siècle ». Il y a aussi chez lui une extraordinaire sensibilité parisienne. Mais l'essentiel est ailleurs : dans l'imaginaire et la fantaisie qui dressent, au-dessus du grouillement de la populace, des figures de légende, jeune femme pure, moine maudit, monstre au grand coeur, la Esmeralda, Frollo, Quasimodo, avec pour décor une cathédrale d'épouvante.
Mon avis: "Notre-Dame de Paris" est un pavé mais il ne faut absolument pas être rebuté par sa longueur tant ce roman est un pur chef-d'oeuvre. Il m'a fallu très peu de temps pour me plonger dans cette histoire magistrale d'un des plus grands auteurs français. "Notre-Dame de Paris" fait partie de ces ouvrages littéraires qui peuvent occuper une place privilégiée dans le coeur du lecteur, c'est une histoire terriblement tragique.
C'est aussi et surtout une oeuvre profondément romantique, avec également un accent gothique. Victor Hugo a su rescussiter le Paris d'autrefois, sa cathédrale, qui peut, symboliquement et métaphoriquement parlant, être vue comme un personnage à part entière. Les deux personnages principaux, Esmeralda, la douce et innocente gitane (victime du désir qu'elle inspire aux hommes, de Phébus à l'archidiacre Frollo) et Quasimodo, le sonneur de cloches de Notre-Dame sont le coeur de ce roman. Quasimodo est le personnage touchant et pathétique par excellence, ému par la tendresse d'Esmeralda, la seule personne au monde qui lui ait jamais témoigné de la douceur et de la compassion...Ces deux personnages sacrifiés sur l'autel de la haine, de l'intolérance, bref de la bêtise humain, sont d'une valeur incontestable.
"Notre-Dame de Paris" est une oeuvre très forte émotionnellement, écrite par un précurseur, un des maîtres de la littérature et du romantisme français. Un classique à ne surtout pas manquer, sous peine de passer à côté de quelque chose de purement et simplement grandiose.
22:30 Publié dans Littérature francophone | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note


Commentaires
C'est plaisant de se plonger de temps en temps dans un bon vieux classique!
Ecrit par : Anne | 05.06.2006
Je n'ai jamais eu le courage de me plonger dans ce "pavé" mais après ce que tu en dis, je crois que je vais me laisser tenter pendant les vacances...
Ecrit par : Cécile | 06.06.2006
Un texte peu connu de Victor Hugo
L'HALEINE SOLAIRE
Je déteste le soleil épais, pesant, éblouissant des beaux jours.
Les pluies en mai m'enchantent, étrangement. Un ciel couvert de nuages peut réveiller en moi les ardeurs les plus molles mais les plus authentiques. La vie, la vie poétique, cotonneuse, indolente, je la sens sous l'onde de mai, qu'elle prenne la forme de crachin tiède ou de grand voile humide. Mes humeurs s'affolent avec une exquise lenteur lorsque entrent en scène les particules d'eau qui virevoltent dans les airs, s'immiscent sur les toits, humectent les feuilles. Sur la ville la pluie vernale apporte une fraîcheur aqueuse pleine de l'odeur des champs. L'atmosphère est ralentie, trouble, chargée de réminiscences.
J'aime ne voir au-dessus de ma tête qu'un immense manteau d'une blancheur uniforme.
En juin le ciel entièrement couvert me donne une sensation d'éternité, de profondeur, mais aussi d'infinie légèreté. Les aubes de juin sans soleil me ravissent. A la lumière crue et directe de l'été je préfère la clarté douce et diffuse que filtre une barrière de brumes blanches.
En juillet je n'espère que l'éclat nivéen d'une lumière d'avril. Certains jours du mois estival la nue ne laisse passer aucun rayon, alors les champs de blé deviennent pâles comme si la Terre était devenue la Lune.
Août, je le préfère sous un vent doux et serein plutôt qu'embrasé par des tempêtes de lumière. Là, le monde m'apparaît sous son vrai jour : sans les artifices et superficialités communément inspirés par l'astre.
L'alchimie nuageuse provoque en moi un mystère de bien-être qui m'emporte loin en direction des espaces nébuleux, haut vers l'écume céleste.
Entre genèse des étoiles et éveil du bourgeon.
VICTOR HUGO
Ecrit par : Raphaël Zacharie de Izarra | 14.06.2006
Ecrire un commentaire