27.12.2006

L'inimitable Jeeves - PG Wodehouse

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PG Wodehouse est un auteur extrêmement prolifique. Il en effet l'auteur de 50 romans, 300 nouvelles et 400 articles (critiques pour la plupart).
Il se fait remarquer pour son style délié, incroyablement vif et drôle. C'est un magicien du langage, qui mêle avec excellence et assurance une grammaire anglaise impeccable à un argot délicieusement suranné. Son écriture est donc touchante, attendrissante, pleine de vie. C'est donc grâce à sa plume que ses personnages parviennent à prendre autant de profondeur et de crédibilité. Ceux-ci sont pour la plupart loufoques et excentriques. Ses récits se passent majoritairement dans le milieu de la gentry britannique victorienne. Il sait décrire avec verve et un humour détonnant ce monde victorien idéal, peuplé d'aristocrates embringués dans des intrigues aussi emberlificotées que burlesques.

Ses personnages principaux, Bertram Wooster (« Bertie ») et son valet Jeeves, sont aussi célèbres dans le monde anglo-saxon que Sherlock Holmes et son ami Watson.


Le seul roman que j'ai lu de lui pour l'instant est un de ses plus célèbres. Il s'intitule "L'inimitable Jeeves". Car on ne peut trouver plus inimitable que ce cher Jeeves!
Bertram Wooster est un aristocrate plutôt oisif, qui fait figure de doux rêveur, gentil, souple de caractère, drôle, touchant mais aussi sans doute un peu crétin. Il a le don de se mettre dans des situations pas possibles, que je qualifierai même de grostesques. Ceci, il le doit également à son entourage, encore plus loufoque que lui! Mr Wooster apprécie sa vie tranquille, passée entre différentes fêtes et autres galas, promenades dans le parc, et rencontres avec ses amis du club.
Mais ce pauvre Wooster est affligé d'un ami d'enfance pas franchement plus futé que lui, du nom de Bingo, qui a l'occupation principale de tomber amoureux. Bertie se voit donc toujours obligé de l'aider dans ses projets matrimoniaux...Ce dont il se plaint à longueur de temps. Mais ceci ne serait rien s'il n'aurait pas aussi à faire à sa chère tante Agatha, qui n'a de cesse de lui remonter les bretelles. Elle le culpabilise et souhaite plus que tout le voir arrêter son train de vie oisif et trouver enfin une épouse digne de ce nom. Et puis, il y aussi ses jeunes cousins Claude et Eustache, tous deux étudiants à Oxford, deux jeunes hommes "pleins d'allant", comme le dit Jeeves. Comprendre des garçons à problèmes...
Le pauvre Bertie est donc ammené à se plier en 4 pour satisfaire les désirs de ses proches, allant même jusqu'à tromper et mentir, aussi pour son plus grand plaisir... et le nôtre. Heureusement pour lui, il a Jeeves, qui passe ton temps à résoudre toutes les situations délicates, guidant son maître, et lui donnant des idées comme lui seul en connaît la recette.
Jeeves est donc un majordome, un majordome comme seule l'Angleterre sait en produire. Toujours efficace, fin, discret, polyvalent, guindé, et surtout, incroyablement intelligent.
Des deux, on se demande alors qui est véritablement le maître...
C'est enlevé, drôle, farfelu, je me suis régalée! Les rapports entre Wooster et Jeeves sont pour le moins réjouissants, qui plus est!
Le style est un peu démodé, désuet et les rebondissements un tantinet prévisibles, du moins vers la fin du roman. Néanmoins, c'est toujours très bien écrit et l'intrigue rondement menée
Un roman qui s'est avérée être une lecture délicieuse. Une comédie à l'humour brittish d'un auteur talentueux, dont le comique reste bien l'art de prédilection. Un régal pour ceux qui aimeraient souffler entre deux lectures plus dramatiques, ou en tout cas plus sérieuses.

24.12.2006

JOYEUX NOEL A VOUS TOUS!!

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Je vous souhaite de passer un merveilleux moment avec vos proches, en espérant que ce cher Père Noël vous apporte plein de bonnes choses. Même si, bien sûr, Noël c'est aussi et surtout bien plus que de recevoir et offrir des cadeaux^^ C'est également un moment privilégié pour dire aux membres de sa famille et ses amis qu'on les aime. Et pour ça, pas forcément besoin d'ouvrir le porte-monnaie, juste son coeur, tout simplement :)

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18.12.2006

Adolphe - Benjamin Constant

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Présentation: Dans Adolphe, un homme s'efforce de briser les chaînes d'une liaison amoureuse dans laquelle il s'est, comme malgré lui, fourvoyé. "... Un marivaudage tragique où la difficulté n'est point, comme chez Marivaux, de faire une déclaration d'amour, mais une déclaration de haine." (Stendhal.) Mais ce livre sèchement cruel brille de mille feux contradictoires. Chant de victoire d'un amant délivré d'une femme devenue encombrante, il est en même temps le champ clos où s'éprouve l'impossibilité de vaincre quiconque, si ce n'est soi-même. Adolphe, qui a trop durement tranché ses liens affectifs, est étrangement contraint de les retisser par l'écriture. Un travail de réparation se superpose au travail de la séparation, où le langage puise ses forces et s'épuise, incertain du rivage où la vérité s'offrira.
Adolphe s'inscrit dans la grande tradition des romans sentimentaux dans la lignée de La Princesse de Clèves et de Manon Lescaut.


Ce roman, qui fait parti des plus grands classiques de la littérature française, a l'excellent mérite de traiter du thème de l'amour de manière jusque là sans doute nouvelle. Ici pas d'amour passion ni d'amour contrarié pour le personnage principal, qui donne d'ailleurs son nom au livre. Non, il s'agit ici de l'amour qu'on a crû véritable mais qui s'est finalement vite tari, à la source de la désillusion et de la prise de conscience amère. C'est un roman sec et cruel, où l'auteur n'enjolive jamais ce qui semble être la réalité. Le lecteur vit tout de manière franche et directe, avant tout grâce au fabuleux style de Benjamin Constant, lequel n'a absolument rien à envier à ses contemporains - pourtant plus célèbres que lui. Son style est bien sûr un peu désuet mais détient néanmoins un charme incontestable. Son talent d'écriture est à tel point formidable que le lecteur se surprend à éprouver des sentiments face à ces personnages et ces situations qui semblent si réelles, et surtout si crédibles. Ce roman vaut donc avant tout pour sa si juste peinture des émotions, et des multiples contradictions sentimentales qui jalonnent le récit. Adolphe est un personnage qui n'a absolument rien d'un archétype et c'est ce qui rend cette oeuvre aussi profonde d'un point de vue psychologique.
Adolphe se retrouve donc au milieu d'un drame existentiel et amoureux qu'il n'a pas voulu mais dont sa lâcheté est tout de même la cause. Sa constante incertitude fait de lui un être faible, souffrant tour à tour de sa timidité, de gêne et de difficulté à exprimer ses sentiments. En voulant trop ménager son amante, il finira par la tuer à petit feu: "Je n'envisageai mes paroles d'après le sens qu'elles devaient contenir mais d'après l'effet qu'elles pourraient manquer de produire..."
Adolphe est donc le roman du muselage des sentiments, du mensonge et de la dissimulation sous son plus vil appârat. Du sacrifice aussi... Ecrit avec tact et délicatesse pour un sujet qui n'en demandait pas moins.
"Nous nous prodiguions des caresses, nous parlions d'amour de peur de nous parler d'autre chose."
Un roman psychologique d'une étonnante maîtrise, qui parle du coeur aussi bien que de la conscience, écrit par un habitué des traités politiques qui plus est!

17.12.2006

Moi, Charlotte Simmons - Tom Wolfe

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Présentation:
Lorsque Charlotte, sage et prude fille d'origine modeste, débarque de sa Caroline du Nord à Dupont University, l'Olympe de la connaissance, qui abrite la crème de la jeunesse américaine, elle est certes brillante et déjà très jolie mais aussi... un peu gourde. Confrontée aux mœurs étranges de cette élite, elle découvre avec désarroi que ce temple du savoir semble surtout celui du sexe, de la débauche, de l'alcool et des ambitions mesquines. Candide et pleine d'illusions, la petite provinciale n'en maîtrise guère les règles. Le tourbillon de sa première année va se charger de la déniaiser. Charlotte Simmons apprend vite : elle n'est pas tout à fait la blanche colombe qu'elle croyait être... Avec cette satire cinglante qui est aussi un magnifique roman d'apprentissage, Tom Wolfe nous offre ses illusions perdues et le grand roman de la vie étudiante made in America.


Cela faisait longtemps que je voulais découvrir l'oeuvre de ce grand auteur américain, plutôt célèbre qui plus est. J'entends parler de lui comme étant le créateur de ce qu'on appelle "le nouveau journalisme" aux Etats-Unis, et surtout une sorte de successeur de Balzac et Zola, rien de moins! L'auteur s'illustre en effet plus particulièrement dans la peinture des moeurs contemporaines. Son oeuvre s'inscrit bel et bien dans notre société actuelle, n'hésitant pas à en décrire les maux et les problèmes les plus retors. Et le moins que l'on puisse dire c'est que Tom Wolfe le fait d'un oeil critique et avisé, rien ne semble lui échapper.
Il ne fait pas dans la dentelle et fait ainsi figure d'écrivain engagé. A la lecture de ce "Moi, Charlotte Simmons", on se rend compte à quel point Wolfe n'a pas l'habitude de faire les choses à moitié. Il y décrit le mode de vie de plusieurs étudiants de Dupont University et n'épargne absolument personne (et surtout pas son héroïne!). Il s'est immergé pas moins de 5 ans dans ces universités. Ce qui lui permet de décrire ce qu'il y a observé et remarqué, tout en gardant un point de vue éminemment sociologique. Les comportements sociaux, ne semblant plus avoir de secrets pour lui, servent une histoire qui a avant tout l'air d'un roman d'apprentissage. Charlotte Simmons, fraîchement débarquée de Sparta, Caroline du Nord, 900 habitants, à l'université de Dupont, croit voir son rêve se réaliser. Malheureusement pour elle, la réalité se révèlera toute autre. La jeunesse dorée (à commencer par sa détestable colocataire) a des moeurs quelque peu déplorables, lesquelles ne correspondent en rien aux valeurs qui ont été inculquées à la pauvre Charlotte. Elle en verra de toutes les couleurs, et comme on s'en serait douté, se fera briser le coeur. Humiliations diverses et variées, dortoirs mixtes, interminables soirées de beuverie, cultes du basket-ball et du sexe, cohabitation avec une camarade de chambre plus que désagréable (qui la snobe de but en blanc). Charlotte Simmons est donc plongé dans cet univers où régne le pouvoir des apparences et de la superficialité, qui se situe à des années-lumière de ce qu'elle a pu connaître jusqu'ici. Un monde où l'unique préoccupation de ces jeunes est d'être populaire, de faire la bringue, de s'envoyer en l'air (excusez-moi l'expression^^) ou encore d'avoir le dernier jean Diesel à la mode.
Nous avons à faire ici à un roman qui peut offrir des belles heures de lecture et qui n'est, à proprement parler en tous cas, pas franchement ennuyeux. Néanmoins, je dois admettre qu'il est parfois difficile de s'intéresser constamment aux moeurs et au mode de vie de personnes qu'on trouve pour le moins pitoyables et affligeantes et donc à un univers qui ne nous correspond en aucune façon. De plus, l'héroïne est parfois horripilante et agaçante de pruderie et d'idiotie... Certains personnages, à la limite de la caricature, peuvent s'avérer également énervants: Beverly, la pimbêche, Jojo, le basketteur, Hoyt le playboy sans coeur et briseur de coeurs etc.
Cependant, je me dois de continuer ma plongée dans l'oeuvre de Tom Wolfe, un écrivain à la plume acérée et indéniablement brillante.

16.12.2006

Escalier C - Elvire Murail

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Présentation: Au premier étage, il y a Béatrix, qui vit une liaison tourmentée avec Virgil Sparks, le locataire du deuxième. Le voisin de Virgil, c'est Forster Tuncurry, un critique d'art dont la spécialité est le cynisme. Au troisième, il y a Coleen Shepherd, un être délicat et attentif, mais néanmoins distrait au point de laisser régulièrement déborder sa baignoire sur la tête de Tuncurry. Au quatrième, c'est Bruce Conway, un garçon généreux, qui emprunte de l'argent plus vite que son ombre et qui a du mal à conserver un emploi plus de vingt-quatre heures. Ici s'arrête la petite famille de l'escalier C. De la locataire du sixième, personne ne sait rien. La vie suit son cours, avec les dîners mensuels organisés par la petite bande, les chamailleries bon enfant. Mais, depuis quelque temps, Forster Tuncurry ne tourne plus rond. Son cynisme devient de l'agressivité, de la méchanceté. Pourquoi ne supporte-t-il pas que Bruce s'installe avec Sharon, la nouvelle locataire ? Pourquoi réagit-il de façon aussi violente face à Coleen, qui tente de l'aider ? une nuit, un drame survient, qui modifiera les choses d'une manière surprenante. Publié pour la première fois en 1983, Escalier C a obtenu le prix du premier roman et le prix George-Sand. Il a également fait l'objet d'un film.


Il existe des livres qui, sous une apparence plutôt modeste, porte en eux un pouvoir. Celui de vous faire vibrer et palpiter, de vous toucher en plein coeur. Des livres que vous lisez, comme ça, par simple curiosité, comme entre deux lectures plus "consistantes", mais qui au final vous marqueront sans doute à vie. Vous vous en rendez compte au fil des pages et vous prenez conscience également que vous aurez de la peine à le refermer et à voir partir ces personnages auxquels vous vous êtes attachés, à cette histoire, pourtant si simple, si sobre qui vous a interpellée... Ce roman a fait une apparition furtive dans mon univers littéraire, aussitôt ouvert aussitôt fermé (il fait à peine plus de 230 pages après tout), mais je sais qu'il y gardera une place privilégiée. C'est l'histoire d'un escalier, de voisins qui sont devenus des amis proches, qui se soutiennent dans les moments difficiles et se comprennent. On les voit se disputer, se heurter, se cajoler, s'émouvoir ensemble. Mais ce roman est aussi bien plus que ça. C'est également l'histoire de Forster Tuncurry, un jeune critique d'art à forts caractère et personnalité, un homme qui dit ce qu'il pense au point de faire souffrir les personnes qu'il aime, qui se crée aussi une carapace pour éviter de se livrer à celles qui le comprennent le mieux et sont attachées à lui. C'est un personnage de grande envergure, qui ne fait rien à moitié et dont les émotions sont toujours en ébulition. Un homme qui a déjà une opinion bien arrêtée sur la vie, mais qui suite à un évènement dramatique qui surviendra dans la cage d'escalier en question, se verra comme dans l'obligation de tout remettre en question. A commencer par lui-même. Le lecteur est donc plongé dans l'univers sensoriel, émotionnel et conscient de ce personnage pour le moins bouleversé et bouleversant. Autour de lui gravitent des individus tout aussi intéressants, dont certains sont particulièrement hauts en couleur.
Un roman troublant, très bien écrit (les dialogues, surtout, sonnent incroyablement juste), sur l'individu mais aussi sur les relations humaines. A noter qu'il est édité à "L'Ecole des Loisirs", ce qui me semble quelque peu étrange. Je pense qu'il mériterait amplement d'être lu par un public plus large que celui auquel il semble avoir été destiné. Il est aussi sombre, complexe, et a l'excellent mérite de traiter d'une foule de thèmes.
Un roman exceptionnel par son mélange d'humour et de tendresse, de sensibilité et de mélancolie. Percutant car il ne lasse jamais et porte son lecteur du début à la fin.
A noter également que l'auteur n'est autre que la petite soeur de l'illustre Marie-Aude Murail, que j'admire déjà énormément. ;o)

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