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26.03.2007

Le questionnaire des 4

Ce sympathique petit questionnaire vient du site de Charline :)


Les 4 livres de mon enfance:

Il y en a tellement!
Je citerais:
- le livre d'apprentissage de la lecture Ratus tout d'abord ^^
- Les livres de la Comtesse de Ségur (à commencer par "Les malheurs de Sophie" et "Les Vacances")
- Tout comme Charline, la série des Monsieur et Madame de Roger Hargreaves
- Les bandes dessinées de Tom-Tom et Nana



Les 4 écrivains que je lirai et relirai encore : (entre autres)

- Jane Austen (pour le charme de son style, la douceur de son ironie, la peinture brillante des caractères, ses personnages inoubliables et je pourrai continuer encore longtemps!)
- Nancy Huston (car son écriture est à tomber par terre!)
- JK Rowling (car elle a une imagination incomparable et que j'aime me plonger dans son univers)
- Paul Auster (pour son style tout d'abord et aussi pour son univers si particulier)



Les 4 auteurs que je n'achèterai (ou n'emprunterai) probablement plus: (pas facile, c'est sûr!)

- Marc Lévy (juste parce que l'univers de ses livres ne me correspond pas)
- Houllebecq (je trouve ses romans trop durs, trop cyniques)
- ?
- ?



Les 4 livres que j'emporterais sur une île déserte:

- Orgueil & Préjugés de Jane Austen (mon livre fétiche^^)
- Harry Potter de JK Rowling (bon, là je prends toute la série! Ils sont indissociables pour moi...)
- Ensemble, c'est tout d'Anna Gavalda (car dans ce roman est condensé les petits charmes de la vie)
- Notre-Dame de Paris de Victor Hugo



Les 4 premiers livres de ma liste à lire (LAL):

Mansfield Park de Jane Austen (en cours)
Du bout des doigts de Sarah Waters
Expiation d' Ian Mc Ewan
La première fois que j'ai eu 16 ans de Susie Morgenstern



Les 4 x 4 derniers mots d'un de mes livres préférés:

Les mêmes que les tiens Charline ;o)

«... en amenant Elizabeth en Derbyshire, avaient joué entre eux le rôle providentiel de trait d'union.» (Orgueil et préjugés -=- Jane Austen)



Les 4 lecteurs/lectrices dont j'aimerais connaître les 4:

Alors... Clarabel, Florinette, Gachucha, fashion victim et quiconque serait tenté de le faire!!! :D

24.03.2007

La Voleuse de livres - Markus Zusak

ATTENTION: CHEF D'OEUVRE ...

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Quand la Mort vous raconte une histoire, vous avez tout intérêt à l'écouter.
Une histoire étrange et émouvante où il est question
- dune fillette ;
- de mots ;
- d'un accordéoniste ;
- d'Allemands fanatiques ;
- d'un boxeur juif ;
- de vols.

Traduit en 20 langues, le best-seller 2007.


Il est rare que je poste mon avis juste après avoir achevé la lecture d'un roman, surtout lorsqu'il est minuit passé. Je dirais même que c'est EXCEPTIONNEL. Mais ce livre est lui-même exceptionnel, alors je lui devais bien ça^^
C'est un roman incomparable, je n'ai rien lu de tel jusqu'à aujourd'hui. Il est puissant, virevoltant, touchant à en tomber par terre, écrit de manière virtuose et différente, drôle parfois aussi, mais toujours terriblement sublime. La mort est la narratrice du récit mais ne vous fiez pas au côté soit disant "sensationnaliste" de ce choix de l'auteur. Ici, la forme sert toujours le fond. Je n'irai pas jusqu'à faire un résumé de cette oeuvre, car il serait forcément réducteur. Je serais tout simplement incapable de lui rendre hommage en relatant son histoire à proprement parler. Disons juste qu'il s'agit de suivre une fillette allemande du nom de Liesel, fraîchement adoptée et arrivée dans une petite ville misérable près de Munich, de découvrir ce qui fait d'elle une voleuse de livres, de partager son goût et sa faim des mots, de vivre à ses côtés pendant quelques années... De faire la connaissance des personnes qui compteront dans sa vie : son adorable "Papa" accordéonniste à la générosité et au courage impensables, à sa "maman" jamais avare de gros mots et de tendresse, de son meilleur ami -un peu aussi amoureux d'elle - Rudy, l'incorrigible gamin à qui on s'attache irrémédiablement ; Max, son Ami juif, qui trouvera refuge dans les mots et les idées grâce à elle et qui lui rendra hommage en écrivant son histoire ; l'épouse du maire de la ville, femme effacée et meurtrie par le deuil, fournisseuse plus ou moins officielle de ses lectures... Tout comme ses personnes hanteront la Mort (elle l'avouera par la suite), ces personnages hanteront votre vie de lecteur.
Hitler plâne sur le roman telle une entité, et ce, du début à la fin. Il est intéressant de découvrir l'autre côté du miroir, où la décadence et la souffrance sont aussi de mise... Ces allemands se verront pour la plupart enrolés de force dans le nazisme, d'un point de vue concret, mais aussi d'un point de vue idéologique.
Markus Zusak traite de l'Histoire de manière à conférer à son oeuvre une dimension d'intemporalité. C'est selon moi l'apanage des chefs d'oeuvre. Le roman est construit de manière absolument brillante. Sa structure diffère de tout ce que j'ai pû lire jusqu'à maintenant. L'auteur fait preuve d'une extraordinaire maîtrise, il est avant tout un formidable conteur.
La Mort en tant que narratrice, a une puissance évocatrice incroyable. Sa vision des choses est différente de la nôtre, elle n'est pas inscrite dans le temps ni dans l'espace, elle n'est jamais limitée.
Elle ne ressent jamais rien d'humain à proprement parler. Elle est complètement dénuée de haine, "vole les âmes avec douceur", et fait parfois preuve de compassion. Mais là encore, une compassion peu comparable avec la nôtre.
Ce roman est un joyau, qui laisse son empreinte et vous accompagne encore et encore, même la lecture achevée.
J'aurais voulu être capable de rendre hommage à chacune des plus petites parcelles de ce livre, restituer la magnificence de ses personnages, chacune de leur facette, chacun de leurs actes, de leurs élans désespérés, rendre intact le pouvoir des mots de l'auteur et ceux écrits par Leisel... Mais il faut se rendre à l'évidence, c'est impossible. Je dirais juste que ce roman tient du coup de maître, voir du coup de génie. Une oeuvre à la puissance incantatoire mais jamais écrasante, un récit où le lecteur ne peut que se sentir proche des êtres et de leur situation... UN CHEF D'OEUVRE!

A noter que l'auteur n'a QUE 30 ans...

....En bref, je vous recommande fortement la lecture de ce roman! :D J'attends vos commentaires de lecture avec impatience!!


un extrait, un joyau parmi tant d'autres:

Tout le monde, je suppose, connaît des épisodes marquants dans sa vie, surtout dans l'enfance. Pour certains, ce sera l'incident Jesse Owens. Pour d'autres, une histoire de lit mouillé.

Le mois de mai 1939 tirait à sa fin et la soirée se déroulait comme la plupart des autres. Maman repassait avec sa poigne de fer. Papa était sorti. Liesel nettoyait la porte d'entrée et regardait le ciel au-dessus de la rue Himmel.
Un peu plus tôt, il y avait eu un défilé.
Les membres extrémistes du NSDAP (connu également sous le nom de parti nazi), en chemise brune, avaient parcouru au pas la rue de Munich en portant leurs drapeaux fièrement, la tête haute et comme plantée au bout d'une pique. Ils chantaient à pleine voix, le clou étant une interprétation rugissante de «Deutschland über Alles», «L'Allemagne par-dessus tout».
Comme toujours, ils furent applaudis.
Cela les stimulait. Ils poursuivirent leur route vers on ne savait où.
Les gens les regardaient passer, les uns en saluant bras tendu, les autres en applaudissant à s'arracher la peau des mains. Certains, comme Frau Diller, avaient leur tête des grands rassemblements, grimaçante de fierté, et puis, ici et là, il y avait les gens à part comme Alex Steiner, qui claquait des mains lentement, consciencieusement, comme taillé dans une souche. Soumission.

Liesel était sur le trottoir avec Papa et Rudy. Le visage de Hans Hubermann ressemblait à une fenêtre aux volets clos.

QUELQUES CHIFFRES
En 1933, 90 % des Allemands affichaient un soutien sans faille à Adolf Hitler.
Ce qui veut dire que 10 % ne le soutenaient pas.
Hans Hubermann en faisait partie.
Il y avait une raison à cela.

23.03.2007

Salon du livre et littérature indienne

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Comme vous le savez peut-être déjà, la littérature indienne sera à l'honneur du prochain salon du livre de Paris.
Malheureusement, je n'y connais strictement rien et je le regrette^^
En avez-vous lu ? Si oui, quels romans me conseilleriez-vous?

22.03.2007

Ensemble c'est tout

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adaptation du roman d'Anna Gavalda
La rencontre de quatre destins croisés qui vont finir par s'apprivoiser, se connaître, s'aimer, vivre sous le même toit.
Camille fait des ménages le soir dans les bureaux et dessine avec grâce à ses heures perdues. Philibert est un jeune aristocrate féru d'histoire, timide, émotif et solitaire, il occupe un grand appartement que possède sa famille. Franck est cuisinier, viril et tendre, il aime infiniment sa grand-mère, Paulette, une vieille dame fragile et drôle.
Leurs doutes, leurs chagrins, c'est ensemble qu'ils vont apprendre à les adoucir, pour avancer, réaliser leurs rêves. Ils vont se découvrir et comprendre qu'ensemble, on est plus fort.


J'avais adoré le roman d'Anna Gavalda donc je me faisais une joie d'aller voir son adaptation au cinéma. D'ordinaire, je m'efforce de ne pas chercher à comparer les deux oeuvres, même si la tâche est bien entendu fort difficile, voire quasimment perdue d'avance. Lorsque j'ai sû que Claude Berri était aux commandes de ce film, j'en étais ravie... Il est tout de même le réalisateur d'un de mes films français préférés, à savoir "Tchao Pantin". Le casting me plaisait également, contrairement à un bon nombre de personnes qui semblait préférer voir Charlotte Gainsbourg plutôt qu'Audrey Tautou dans le rôle de Camille. Puis, quand j'ai appris que le film ne durerait que 1h37, j'ai commencé à avoir un peu peur. Certes, comme je l'ai dit plus haut, je préfère rester lucide, je savais que beaucoup de jolies scènes du roman allaient passer à la trappe, mais tout de même, je commencer à craindre le pire. Le pire pour moi c'est que le film ne parvienne jamais à capturer l'esprit du livre. Et puis, au final, la magie a opéré. Je me suis laissée porter par le film, sans aucune mauvaise pensée. Je me suis attachée au personnages campés par les acteurs comme je m'étaisattachée aux personnages de papier. J'ai retrouvé la joliesse et la justesse des sentiments, je me suis pris au jeu des situations. On sourit, on s'émeut, on s'enroule dans la chaleur du film, dans le bonheur simple qu'il sait nous procurer. Claude Berri, assisté par François Dupeyron, a sû filmer ses acteurs, leur rendre un hommage vibrant et vrai. Car il s'agit avant tout d'un film d'acteurs, exactement de la même façon que le livre était un livre à personnages. Audrey Tautou confirme qu'elle est l'une des meilleurs actrices de sa génération. Elle est Camille, indubitablement, à la fois forte et vulnérable, douce comme un ange blessé par la vie. Guillaume Canet n'a jamais été aussi juste dans le rôle de Frank, ambivalent du début à la fin. Laurent Stocker fait figure de véritable révélation, son Philibert est tout aussi attachant et drôlatique. Et puis, il y a Françoise Bertin en Paulette, complètement habitée par son personnage.
La réalisation simple (saupoudrée de jolies plans-séquence), toujours tournée vers ses acteurs, nous emmène avec une grande facilité nous plonger dans le petit univers de ces quatre personnages cabossés par la vie. Les dialogues sonnent toujours incroyablement justes, la bande son est fidèle à l'ambiance du film. Les thèmes du livre sont très bien traités, de manière très pudique: la dépression, la solitude, la vieillesse qui mène à l'abandon, la différence et l'acceptation de l'autre. Les scènes où Camille fait des portraits de son entourage sont tout aussi bien réalisées, l'expression d'un personnage replié sur lui-même mais doué passe aussi par l'art...
Et puis, il y a aussi de l'humour, toujours mêlé à de la tendresse, la tendresse que ces personnages éprouvent les uns pour les autres, mais aussi tendresse qu'on ne peut s'empêcher d'éprouver à leur égard.
Bref, un film dont la singularité pourrait ressembler à un plaisir qu'on qualifie maintenant bien vite de démodé: procurer du bonheur. Pour ma part, je l'ai adoré, j'ai aimé flâner entre légèreté, goût de vivre, émotions et sourires...

Sanditon - Jane Austen (achevé par une autre Dame)

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"Ce manuscrit inachevé de 1817 de Jane Austen qui en a écrit les onze premiers chapitres (p. 8-83) a été finalement complété par une modeste romancière. Les amateurs apprécieront."

Quel délice que ce roman de Jane! Comme le titre l'indique, l'auteur l'a malheureusement laissé inachevé mais une autre romancière (qui a désiré garder l'anonymat) l'a terminé, faisant de cette oeuvre un livre absolument charmant. On y retrouve tous les ingrédients des romans de Jane chers à nos coeurs: tels que la peinture des caractères, le voyage sentimental d'une jeune fille, l'ironie à la fois douce et acerbe visant les individus et la société dans laquelle ils évoluent, leurs ridicules etc. Le récit se déroule dans la petite ville de Sanditon, jolie bourgade paisible que le gentleman Mr Parker souhaite plus que tout voir transformer en station balnéaire "à la mode"...
Charlotte Heywood dont les parents avaient rendu un fier service à Mr Parker et à sa femme suite à un accident de la route, est invitée à séjourner chez eux et à profiter ainsi de l'air de la mer et de la société (quelque peu réduite) de Sanditon. Charlotte y rencontrera quelques personnes, certaines qui lui seront plus aimables que d'autres. Le lecteur fait donc la connaissance d'une galerie de personnages plus hauts en couleurs les uns que les autres : les soeurs et frère hypocondriaques de Mr Parker, la riche et quelque peu prétentieuse Lady Denham et sa pupille, Clara Brereton, les demoiselles Beaufort (toujours très soucieuses de leur toilette), le neveu de Lady Denham, Sir Edward, grandiloquent et ridicule (voulant toujours faire étalage de sa soit-disante culture littéraire), Sidney Parker, le dernier arrivé en ville et frère du hôte de Charlotte, gentleman plein d'assurance qui sait parfaitement mener à la baguete tout ce petit monde!
Charlotte est une héroïne austenienne quelque peu en retrait mais qui a l'excellent mérite d'être une observatrice douée. Sensible mais aussi fort sensée, Charlotte se montre aussi très discrète. On la décrit comme une jeune fille pleine de bon sens, raisonnable et pondérée mais qui finira par tomber passionnément amoureuse (j'ai beaucoup aimé ce paradoxe). Moins docile que la Fanny de "Mansfield Park" et moins naïve que la Catherine de "Northanger Abbey', Charlotte sait aussi prendre les choses en main lorsque la situation l''exige. Elle sera capable de prendre des risques. Charlotte n'est pas le seul personnage ambivalent du roman. Le lecteur va en effet, de surprise en surprise... Sidney Parker, tant qu'à lui, est en passe de devenir l'un des gentlemen austeniens que je préfère! Quel verve, quel charisme et quel humour!
La déclaration d'amour à a fin du roman est aussi très joliement écrite.
Bref, si vous aimez Jane Austen, vous vous régalerez à coup sûr de ce roman. Il ne vous reste plus qu'à le trouver, ce qui, je dois bien le reconnaître, ne sera pas une mince affaire, cette édition étant maintenant épuisée... Peut-être auriez-vous plus de chance en cherchant à la bibliothèque.
Si vous appréciez Jane, il serait vraiment dommage de passer à côté de ce roman. J'ai trouvé que la deuxième partie du récit, écrit par une autre donc, rendait bien hommage à Jane, de part son élégance et sa fluidité.
Un roman léger, divertissant, très bien construit et écrit, plein de délicatesse et de charme et surtout irrésistiblement drôle.

20.03.2007

Ni toi ni moi - Camille Laurens

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Présentation de l'éditeur
Il est réalisateur, elle est romancière. Ils savent ou croient savoir quelque chose des histoires qu'on se raconte et du cinéma qu'on se fait. Et pourtant, comment enchaîner ces deux phrases qui les lient, puis les délient, ces deux plans fixes :je t'aime -Je ne t'aime plus? Qu'est-ce qui se passe entre deux? Qu'est-ce qui passe - ne fait que passer? Comment dire ce qui ne s'entend pas, comment montrer ce qui ne peut pas se voir? C'est un roman d'amour? Un roman de haine? Peut-être un roman policier : on enquête sur la disparition de l'amour.


"Dans ces bras-là" (chroniqué il y a déjà un petit bout de temps) du même auteur m'avait à la fois fascinée et déconcertée. Je me devais de relire Camille Laurens. Cette romancière a un style moderne, aiguisé, poétique, langoureux, qui ne peut laisser indifférent. Elle va au fond des choses, sait parler de l'être et de sa conscience en profondeur, ne laisse rien au hasard. Ce roman ne fait pas exception à la règle, tout est finement analysé.
De dimension autobiographique, ce livre est d'abord une histoire d'amour. Une histoire d'amour passionnée qui mène aussi à la dépression et à la destruction, remise en question de soi et du monde.
C'est l'histoire d'un coup de foudre entre Arnaud et Hélène (prénoms bien entendu inventés mais l'auteur ne veut tromper personne, elle met carte sur table dès le début, il s'agit ici plus d'un effet de style que d'autre chose), d'un amour passionnel, puis du revirement du coeur, de la haine puis du mépris, de la souffrance aussi bien évidemment, et de l'incompréhension...
Un réalisateur souhaite faire de cette histoire un film, "Hélène" y consent mais ne lui laisse pas carte blanche. Entre les pages de ce roman, elle y décrit méthodiquement, scrupuleusement (peut-être même jusqu'à la nausée) la mise en scène qu'il doit adopter. C'est de son histoire personnelle dont il s'agit, de son coeur, de sa vie, rien ne doit être simplifié, trahi...
Nous assistons donc à l'intimité de cette Hélène, femme dont l'amour sera condamné et piétiné. Cette intimité, mise à la lumière d'une description parfois technique et froide mais en tout cas toujours très réfléchie et disséquée, peut donner le tournis. C'est une oeuvre littéraire résolumment différente (je n'ai encore rien lu de comparable), d'une grande sensibilité et extrêmement travaillée, qui ne pourrait plaire à tout le monde. Néanmoins, j'en garde un assez bon souvenir. J'ai apprécié toutes les références à "Adolphe" de Benjamin Constant. Hélène trouve un écho de la vie du romancier dans la sienne, et comprend le personnage d'Elénore comme si elle était un peu elle-même.

17.03.2007

Embrouilles à Manhattan - Meg Cabot

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Présentation de l'éditeur
Fandesleaterkinney : Qu'est-ce que tu fous ? Katylafait : Je Bosse. Et arrête de te connecter sur ma messagerie instantanée pendant les heures de travail, tu sais que la Ratt n'aime pas ça. Fandesleaterkinney : La Ratt peut crever. Et tu ne bosses pas. Je ta rappelle que je vois ton bureau, du mien. Tu es encore en train de rédiger une de tes fameuses listes. A faire, hein ? Katylafait : Même pas vrai ! Je réfléchis seulement aux multiples évchecs et aux innombrables erreurs de jugement qui semblent avoir constitué ma vie jusqu'à présent. Fandesleaterkinney : Tu n'as que vingt-cinq ans, crétine ! Tu n'a même pas encore commencé à vivre.


Embrouilles à Manhattan, de Meg Cabot, suit les aventures de Kate, 25 ans, fraîchement débarquée à New-York, après avoir quitté son Kentucky natal et qui traverse une mauvaise passe. Elle a plaqué son petit ami, vit chez une copine et son ami, cherche désespérément un logement abordable et bosse à la DRH d’un gros journal, sous les ordres d’une trentenaire arrogante, Amy. Cette dernière lui demande de licencier une employée de la cantine qui a refusé plusieurs fois de servir son fiancé, Stuart. Comment Kate va-t-elle gérer cette situation ? Comment réagira-t-elle face à Mitch, le frère de Stuart ?

Un tout petit billet pour un petit roman chick-lit bien sympathique. C'est le 1er livre de Meg Cabot (la reine de la chick-lit américaine qui écrit aussi bien pour les adolescentes que pour les adultes) que je lis.
Le magazine "Lire" en avait fait une bonne critique dans son dossier spécial "chick-lit", prenant volontiers son parti en l'incluant dans la catégorie "le meilleur du genre". Je l'ai acheté d'occasion à Gibert et je ne regrette pas !C'est très très drôle et surtout original. Le récit nous est conté sous la forme d'extraits de journal intime, conversations internet, mails, petits mots laissés sur des programmes d'expos, tickets de caisse, menus, recettes, messages téléphoniques etc. C'est un régal à lire et un vrai plaisir de savoir ce que la prochaine page nous réserve. On y retrouve bien évidemment tous les codes du genre mais abordés sous une forme différente et tout à fait réjouissante. Certains personnages sont caricaturaux, mais servent de manière excellente les situations humoristiques et cocasses. J'ai notamment beaucoup apprécié la répartie tranchante de Mitch à l'égard de son idiot de frère^^

16.03.2007

Les enquêtes d'Enola Holmes, Tome 1 : La double disparition de Nancy Springer

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Présentation:
S'il est une chose que j'aimerais savoir, c'est pourquoi ma mère m'a nommée " Enola ". Enola qui, à l'envers, se lit : alone. En anglais : seule. Et c'est bel et bien seule que je me suis retrouvée le jour de mes quatorze ans, ma mère ayant disparu de notre manoir de façon inexpliquée. J'ai alors été contrainte d'en informer mes frères aînés que je n'avais pas revus depuis dix ans - Mycroft et Sherlock Holmes. Or ce n'était pas eux qui allaient m'être d'un grand secours. Jugeant que mon éducation laissait à désirer, Mycroft n'avait qu'une idée : m'expédier en pension pour faire de moi une lady. En outre, Sherlock estimait ma capacité crânienne bien trop limitée pour pouvoir résoudre le mystère de cette disparition. J'étais pourtant la seule à avoir décelé des indices dont mon détective de frère n'avait pas la moindre idée. C'est donc le cœur empli d'espoir, que j'ai décidé, malgré mes appréhensions, de partir à la recherche de ma mère. Seule.


Un roman policier divertissant et original. Son héroïne, petite soeur du grand Sherlock, est très attachante. Brillante d'esprit comme son frère, aussi courageuse et tenace sur le terrain, rebelle à ses heures, Enola nous emmène avec elle enquêter sur les traces de sa mère disparue. Avec l'aide d'un petit carnet truffé de messages codés, Enola essaie de venir à bout des énigmes et des mystères qui entourent le départ abrupt - et peut être même volontaire - de sa mère. Grâce au ton alerte et vif de ce roman, nous sommes plongés très facilement dans un univers so british, dans un Londres brumeux, fascinant et inquiétant. Le récit est teinté d'humour et est aussi pertinent que son personnage principal. Enola s'insurge contre la condition des femmes à son époque, les traditions vestimentaires qui leur sont imposées (corsets étouffants, jupes trop longues, chaussures inconfortables), mais aussi contre ses frères ainés qui la prennent pour bien moins perspicace qu'elle n'est et qui ont tôt fait de vouloir diriger sa vie à sa place... Se laissera-t-elle emmenée au pensionnat de jeunes filles? Je vous laisse deviner!
En bref, un roman astucieusement construit, rempli de rebondissements, où le lecteur fait la connaissance d'une jeune héroïne moderne, charmante et imprévisible. J'ai hâte de lire les prochains tomes :)

ma PAL

ma pile de livres à lire! Des commentaires, des suggestions? N'hésitez pas ;o)

- Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, Harper Lee
- De Grandes espérances, Charles Dickens
- Tout est illuminé, Jonathan Safran Foer
- Mansfield Park, Jane Austen
- Du bout des doigts, Sarah Waters
- Maurice, EM Forster
- Fahrenheit 451, Ray Bradbury (SF)
- Neverwhere, Neil Gaiman (SF)
- Expiation, Ian McEwan
- Le double, Dostoïevski
- The secret diary of Adrian Mole (Age: 13 3/4), Sue Townsend
- La sixième de Susie Morgensten
- La chambre des officiers, Marc Dugain
- Franny & Zooey, JD Salinger
- La figure jaune, Sir Arthur Conan Doyle
- The commitments, Roddy Doyle

Angel

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Je suis allée voir "Angel" hier après-midi et j'en reviens, comment dire?... un peu déçue. Je ne sais pas si c'est réellement le mot qui convient, je n'ai pas détesté mais je n'ai pas non plus aimé. On va dire que mes impressions sont extrêmement mitigées.
Je ne pense pas que la réalisation de François Ozon soit en cause, ni même l'interprétation de Romola Garai, qui est lumineuse du début à la fin...
Le film s'affirme volontairement kitsh, on sent très bien l'inspiration des films des années 50. Ce côté un peu trop pimpant peut sans doute rebuter, surtout qu'on a quand même perdu l'habitude de voir ce genre de cinéma. Le thème musical n'est pas mauvais mais dans certaines scènes, les violons sont très (trop?) présents. Mais là encore, cet effet de style n'est pas sans rappeler un type de cinéma vu un peu comme ringard et dépassé aujourd'hui... Le côté mélo est très assumé. Mais les envolées lyriques peuvent sans doute fatiguer à la longue...

Le point fort du film c'est aussi et surtout le travail sur l'image. Les fonds d'écran, les costumes, les décors intérieurs, la lumière etc. La mise en scène, comme d'habitude, est sobre, malgré le parti pris kitch du reste. L'humour est présent (c'est rare chez Ozon) Spoiler:
comme ce travelling arrière d' Angel de dos, la nuit, ou l'on découvre ses fesses nues, sous le dossier du fauteuil.

Je suis plutôt d'accord avec ce que dit "L'Humanité": "Ceux qui sentiront là de la naphtaline n'auront pas compris que réaliser, c'est encore et toujours interroger la forme."

Néanmoins, je ne lui mettrai pas 4 étoiles comme ce journal, pour la simple et bonne raison que l'histoire ne m'a pas terriblement touchée. On ne peut pas là en vouloir à Ozon, qui a sû rendre un hommage haut en couleurs au roman d'Elizabeth Taylor. Le hic c'est que le personnage principal est très très énervant. Je ne suis jamais parvenue à m'attacher à elle, à être touchée par ses bonheurs et ses malheurs. Dommage pour un personnage de femme passionnée, et romancière qui plus est!
Angel est excessive, mégalomane, insolente, imprévisible, injuste avec ses proches, manipulatrice etc. Romola a donc eu énormément de travail en l'interprétant. Je lui tire mon chapeau!
Néanmoins, je ne suis pas non plus arrivée à être touchée par l'histoire d'amour. Angel est follement éprise d'Esmé, mais j'avoue être restée à distance de leur histoire. Dommage...
Dernier point, et non des moindres, le film est bien trop long. Un effet de langueur se fait ressentir (je n'arrêtais pas de changer de position sur mon siège), le scénario en pâtit énormément....

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